
Portrait de jeunes fille à Madagascar
Parmi les différents domaines en photographie auxquels je me suis essayé, le portrait reste celui que j’affectionne le plus. Et beaucoup de photographes de renom sont du même avis que moi, ou plutôt, c’est moi qui suis du même avis qu’eux. J’ai longtemps hésité à écrire un article à ce sujet, ne sachant pas si mes portraits étaient suffisamment bons. Mais on m’a fait le plus beau compliment, à mon avis, que l’on puisse faire pour un portrait. Une amie ayant dernièrement découvert mes photos m’a dit au sujet de mes portraits qu’ « on dirait qu’ils nous parlent ».
La photographie de portrait donne les plus belles images que j’ai pu voir jusqu’à présent, mais c’est aussi un des domaines les plus difficiles et les plus subtils. En effet, un paysage est le même qu’on pointe son objectif dessus ou non. Il en est de même en photographie architecturale, culinaire, etc. Dans ces domaines, la réussite de la photo relève essentiellement du talent et des connaissances du photographe. Il fait son cadrage, règle son appareil, et appuie sur le déclencheur. Mais pour un portrait, la grande différence est que le sujet est une personne, tout à fait consciente qu’on la prend en photo. J’aime citer l’écrivain suisse Albert Cohen qui a écrit: « Quand les gens posent pour une photographie, ils sourient, ils sont bons, leur âme est endimanchée. » Ce n’est pas toujours facile de faire un portrait naturel et « vrai » comme j’aime à les appeler. Je dis « vrai » pour un portrait qui n’est pas seulement artistiquement réussi, mais qui reflète la personnalité du sujet. Et il arrive, parfois avec un peu de chance, parfois parce que le sujet ne sait pas qu’il est pris en photo, ou n’a pas ce rapport à l’image et à la photographie que l’on a en occident, que le portrait soit réussi, et qu’il nous dise quelque chose du sujet, de son caractère, de sa vie, de son histoire. La photographie qui illustre cet article en est un bel exemple je trouve. Cette jeune fille habite dans un petit village isolé de Madagascar, et n’avait donc pas ce réflexe, quand je braquais mon objectif sur elle, de poser, de sourire, ou je ne sais quoi de tout le cérémonial auquel on peut assister ici. Peu importe que je braque mon objectif sur elle ou sur n’importe quel autre enfant du village, ils restaient les mêmes. C’est en grande partie grâce à cela que les portraits que j’ai ramené de ce voyage sont dans ceux qui me plaisent le plus.
Un photographe dont j’ai beaucoup apprécié l’exposition à l’UNIL « Les figures du pouvoir » est Olivier Roller, je vous invite à consulter son site : www.olivierroller.com
Et vous pouvez retrouver d’autres de mes portraits ici : http://www.flickr.com/photos/philippegolaz/sets/72157622206216847/